Althéa ou la colère d'un roi

  Juin 1648, Althéa, orpheline, est adoptée par Nicolas Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV, l'homme le plus riche et le plus influent du royaume. L’enfant grandit dans le domaine enchanteur de Vaux-le-Vicomte où se côtoient tous les brillants esprits du Grand Siècle… La Fontaine, Molière ou Pascal.

  En 1661, lorsque le surintendant organise une somptueuse fête au château, le Roi Soleil s'offusque de cette magnificence et ordonne l’arrestation de son ministre. Embastillé par D’Artagnan, Fouquet se bat plusieurs années pour laver son honneur et défendre ses droits au cours d’un procès inique. Mais le complot est savamment ourdi : on s’acharne dans l’ombre à sa perte.

  Audacieuse et décidée, Althéa va tenter l’impossible pour contrer la volonté du monarque absolu et faire libérer le prisonnier, aidée en cela du Marquis de Mergenteuil dont elle est follement éprise.

  De la disgrâce de Fouquet aux manigances de Colbert, du secret de l'Ordre du Temple au mystère du masque de fer, "Althéa ou la colère d'un roi" nous entraîne dans les méandres du beau XVIIème siècle.

 

Propos de l’auteur

 « Althéa ou la colère d’un roi est né d’un coup de foudre. Il y a quelques années, j’ai découvert Vaux-le-Vicomte et j’ai senti naître en moi une véritable passion pour ce domaine. Mes études m’ont permis d’étudier tout particulièrement le XVIIème et le XIXème siècle en littérature, et naturellement, en abordant La Fontaine à la Sorbonne, j’ai découvert ses fameuses « élégies aux nymphes de Vaux ». Les pièces du puzzle ont commencé à s’assembler… La Fontaine se battait contre un monarque absolu au risque de perdre sa pension qui lui permettait de vivre (il l’a d’ailleurs perdue !!), il fallait tout de même que la cause vaille la peine d’être défendue. Qui était donc ce surintendant Fouquet qui avait fait naître ce domaine enchanteur pour tout perdre ensuite ? Je me suis documentée, j’ai lu de nombreux ouvrages sur le sujet pour me rendre compte que la vie de Fouquet était à elle seule un roman !

Je ne souhaitais pas rédiger une biographie. Cela a été fait –et très bien fait- avant moi. Il m’apparaissait nécessaire d’avoir cette distance romanesque, cette liberté de ton. Dans le même temps, je souhaitais la présence d’un personnage qui pointerait cette injustice, un personnage qui serait autre que Fouquet lui-même, et qui serait là pour mettre en lumière les dérives de l’absolutisme, et ce que l’on appellerait aujourd’hui les « dégâts collatéraux » de ce procès inique. Car on se doute qu’il ne s’agit pas du seul emprisonnement de Fouquet mais de la ruine de toute une famille, de l’opprobre jetée sur les descendants et même d’une mère (l’épouse Fouquet ) séparée de ses enfants.

Althéa était née. Mon personnage serait féminin, car beaucoup de femmes au travers des siècles se sont battues courageusement pour leurs idées, je pense à Olympe de Gouges ou à la duchesse de Berry, sans forcément obtenir la place qu’elles méritaient à la postérité. J’ai donc voulu créer un beau portrait de femme, engagée, volontaire, décidée, qui ne renonce pas devant l’injustice et décide de se battre intelligemment, c'est-à-dire sans être broyée elle-même. Elle devait à mon sens incarner la vie qui continue malgré le drame, son triomphe sur le pouvoir de destruction. Althéa est une femme qui se relève quand elle trébuche, qui sera amoureuse, mère, et restera debout au nom de cette vie qui doit continuer coûte que coûte. Enfin, je souhaitais écrire un roman historique qui s’adresse à un large public. Il ne s’agit ni d’un réquisitoire, ni d’un plaidoyer. Mon but était de permettre au lecteur d’effectuer un joli voyage dans le temps, d’y apprendre des choses, sans s’y ennuyer. »

 

Extrait

"Une fusée griffa le ciel, puis éclata au-dessus du grand canal, libérant une pluie de lumière qui incendia les grottes de Vaux, ruissela sur les jets d'eau et vint mourir sur la statue d'Hercule. Des feux de Bengale embrasèrent alors pendant plusieurs minutes la colline de Maincy, tandis que de lumineux soleils tournoyaient en dessinant les lignes de fuite des jardins. Des détonations retentissaient de tous côtés, prolongées par les échos, arrachant des cris aux dames, alors que le ciel devenait un volcan, comme si les dieux jaloux, de leurs éclairs puissants, châtiaient tous les mortels pour tant de vanité. Le château s'allumait dans toute son élégance, éclairé sur ses toits d'une pluie d'étoiles filantes. Et l'embrasement des cieux atteignit la féerie lorsque l'on vit au loin, reflété par les eaux, le ciel de Vaux frappé du lys de France, symbole incandescent de la puissance du roi. Fouquet savoura le tonnerre d'applaudissements qui saluait cette apothéose. Althéa se faufila pour le rejoindre et glissa sa main dans la sienne, en le regardant avec tendresse." (p.80-81)